
Depuis le printemps 2026, un nouveau venu anime les pontons des Vieux Gréements de Saint-Nazaire : Otaha, un élégant motor-sailer de 10,50 mètres, désormais basé à Saint-Nazaire et déjà de toutes les rencontres de voiliers anciens. Mais avant de porter ce nom polynésien, le bateau a connu une première vie sous une tout autre identité : la Belle Edmée.
Gérard Simon a mené l’enquête et rassemblé les témoignages, les archives de la revue Le Yacht et les souvenirs de plusieurs propriétaires successifs pour retracer près de soixante-dix ans d’aventures. Le résultat est un texte riche et documenté, que nous avons le plaisir de vous présenter ici.
Tout commence à Nice, en 1956, quand les Chantiers de la Réserve lancent ce motor-sailer dessiné par l’architecte Maurice Amiet. Coque en acajou, membrures en acacia rivetées au cuivre, mât en spruce : le bateau est construit sur mesure pour un commanditaire hors norme — un homme de près de deux mètres, pour qui le rouf devait offrir une hauteur sous barrot exceptionnelle de 1,80 mètre. Sa vocation : sillonner les îles de l’Océanie et pratiquer la pêche au gros au large de la Polynésie.
Le bateau est un cadeau : celui d’une tante fortunée niçoise à son grand-neveu, qui le baptise « la Belle Edmée » — peut-être en hommage à cette généreuse donatrice. Immatriculé une première fois à Papeete, il navigue plusieurs années dans le Pacifique avant de rentrer en France par ses propres moyens. En 1977, un acte de francisation lui donne son nom actuel : Otaha, la frégate, oiseau hauturier, en tahitien.
S’ensuit un nouveau chapitre à Saint-Malo, où le grand-neveu, devenu président du Cercle nautique, cède le bateau, avant qu’il ne soit racheté en 1999 par Franck Barrau, qui entreprend pendant vingt-cinq ans un suivi minutieux de son entretien : changement de moteur, reprise de la râblure, restauration du mât et du safran… Autant d’étapes qui ont permis à Otaha de retrouver, sous les couleurs de la Bretagne-sud, la forme qu’on lui connaît aujourd’hui.
L’enquête de Gérard Simon, nourrie par les témoignages de Franck Barrau et de Gilbert Pasqui — dont le père, contremaître au chantier de la Réserve, a vu naître le bateau — ainsi que par les colonnes de la revue Le Yacht de décembre 1956, restitue avec précision cette histoire peu banale.
Le texte complet, avec l’intégralité des témoignages, le détail des travaux menés depuis 1999 et les sources consultées, est disponible en téléchargement ci-dessous.
>> Télécharger l’histoire complète d’Otaha (PDF)
Merci à Gérard Simon pour ce beau travail de mémoire, précieux pour l’association.








