Le 30 septembre 2026, une sortie d’entraînement des Vieux Gréements de Saint-Nazaire se transforme en opération d’assistance à un voilier en difficulté.

Ti-Mama prend le large
Depuis quelque temps, Bruno Windels a pris la barre de Ti-Mama, le petit cotre à gréement aurique des Vieux Gréements de Saint-Nazaire, avec un double objectif : se familiariser avec ce bateau et former un équipage de bénévoles aux expériences variées, tous désireux d’apprendre et de progresser.
Après de nombreuses séances de manœuvres dans les bassins du port, l’équipage effectue désormais des sorties dans l’estuaire de la Loire, où courants, marées et circulation maritime offrent un terrain d’apprentissage particulièrement exigeant.
Le 30 septembre, vers midi, Ti-Mama franchit l’écluse Est de Saint-Nazaire. Bruno et son équipage se dirigent vers le Vieux Môle pour établir les voiles et commencer leur navigation.
Avec un coefficient de marée de 95, le courant est puissant et les conditions demandent une attention particulière.
Phénix en difficulté
C’est alors que l’équipage aperçoit un voilier à la dérive. L’un de ses occupants leur adresse de grands signes pour demander de l’aide.
Il s’agit de Phénix, un quillard de type Daimio, qui appartenait à un membre de la SNSN aujourd’hui décédé. Son épouse souhaitant conserver le bateau, son convoyage depuis Port-Désiré jusqu’au quai Oblique, à Saint-Nazaire, avait été organisé avec Joël, trésorier de la SNSN, qui en assurait le rôle de chef de bord.
Le gréement de Phénix n’étant pas en état de naviguer, le convoyage s’effectuait au moteur. Mais à l’approche de l’écluse Est, celui-ci tombe en panne, laissant le voilier à la merci du courant.
À marée basse, les autres bateaux de la SNSN ne peuvent sortir pour lui porter assistance.
Une manœuvre délicate dans le courant
Bruno et son équipage décident alors d’intervenir.
Ti-Mama vient se placer à couple de Phénix pour le ramener vers l’écluse Est. Dans l’estuaire, où le courant est particulièrement fort, Bruno utilise à la fois les voiles et le moteur de Ti-Mama pour assurer la progression des deux bateaux.
Cette navigation à couple exige une bonne coordination des équipages et une vigilance constante.
Vers 13 h 30, les deux voiliers atteignent les abords de l’écluse Est. Celle-ci étant fermée, Phénix est amarré à couple d’un chalutier, lui-même amarré au ponton d’attente situé à l’entrée de l’écluse.
Le voilier est désormais en sécurité.
Ti-Mama peut alors reprendre sa navigation dans l’estuaire, poursuivant les exercices de son équipage et les derniers réglages de son gréement.
Une seconde assistance jusqu’au quai Oblique
À 16 heures, Ti-Mama revient pour l’ouverture de l’écluse Est.
Surprise : Phénix est toujours là, attendant de pouvoir rejoindre sa destination finale.
Bruno et ses équipiers lui apportent alors une nouvelle assistance. Les deux bateaux franchissent l’écluse à couple, puis poursuivent leur route dans le bassin jusqu’au quai Oblique.
Cette dernière partie du trajet s’effectue uniquement au moteur, les voiles n’étant plus utilisées dans le bassin.
À l’arrivée, plusieurs bénévoles de la SNSN attendent Phénix. Le soulagement est grand, tout comme la reconnaissance envers l’équipage de Ti-Mama, dont l’intervention a permis au voilier de rejoindre sa destination en sécurité.
La solidarité entre marins
Partis pour une journée d’entraînement, Bruno Windels et ses équipiers auront finalement vécu une expérience bien différente de celle qu’ils imaginaient.
Cette intervention illustre l’importance de la connaissance du bateau, de l’entraînement aux manœuvres et de la cohésion d’un équipage.
Elle rappelle aussi une valeur essentielle du monde maritime : la solidarité entre les gens de mer.
Une belle journée pour Ti-Mama et son équipage, et surtout une histoire qui se termine bien, avec le retour de tous à bon port.







